Je veux maîtriser la G-Pen. On prétend qu’elle est l’une des plus difficiles à prendre en main. Qu’il faut des années pour la dominer, et que certains mangaka en demeurent incapables. Elle est réputée polyvalente, capable de donner beaucoup de caractère au dessin. Voici ce que j’ai pu trouver à son propos.
En préambule, un mot sur l’huile protectrice qui recouvre chacune de ces plumes, lorsqu’elles sont neuves. Conçue pour protéger le métal de la rouille, elle empêche l’encre d’y adhérer correctement. Pour retirer cette huile, certains artistes ont recours à un briquet. Ils passent la plume sous une flamme, dans le but de faire évaporer la lotion protectrice. Toutefois, les fabricants recommandent plutôt d’essuyer le métal à l’aide d’un chiffon humide. Il semble que cela suffise.
D’ailleurs, voilà comment entretenir la G-Pen : de l’eau, là encore, et un simple chiffon, pour la débarrasser de l’encre qui la recouvre après chaque session de travail. Il est important de bien essuyer, afin d’éviter toute corrosion.
Mais la chose, peut-être, la plus importante que j’ai apprise au cours de mes recherches, est d’écouter le bruit que fait la plume en glissant sur le papier. Ce doit être un son agréable ! Si la plume crisse, si le métal tremble, ou gratte, c’est que quelque chose ne va pas.
Il en résulte que les traits horizontaux doivent être tracés cependant que la plume est face au dessinateur, tandis que pour les traits verticaux, la plume doit être légèrement de biais, non totalement de profil, mais un peu de travers. Ainsi, elle glisse admirablement mieux sur le papier, et permet un tracé aussi précis qu’énergique.
Autrement dit, pour faire une ligne fine et longue, la plume doit être perpendiculaire au tracé. Mais pour tracer une ligne courte et épaisse, elle doit être parallèle au tracé, dans son prolongement naturel. Dans une disposition perpendiculaire, la plume est capable de tracer une longue ligne, ce qui n’est pas dans une disposition parallèle – si on la pousse trop loin, ses pans s’écartent et l’encre ne se déverse plus.
Du reste, la plume doit être à demi recouverte d’encre. Le geste : vif, franc et rapide. Ne pas rebrousser.
Voici quelques exercices prescrits par Pendako-sensei, que j’ai décidé de pratiquer chaque jour.
Petites lignes horizontales.
Petites lignes verticales.
« F ».
Grandes lignes horizontales.
Grandes lignes verticales.
Grandes lignes en toute direction, formés de petits segments, reliés entre eux.
Zigzag.
Dans tous ces exercices, apporter une grande attention au fini, à la propreté de la ligne. Travailler avec précision.

Laisser un commentaire