La peinture est une musique

Si une même mélodie peut-être diversement jouée selon la hauteur de notes choisie par le musicien ; selon, par exemple, que le pianiste jouera plus à droite ou plus à gauche de son clavier ; alors une image peut quant à elle être diversement figurée selon l’échelle de valeurs que se fixe le peintre. C’est-à-dire selon que la plus claire de ses valeurs sera plus ou moins blanche, selon que la plus foncée de ses valeurs sera plus ou moins noire.

Toutes deux, image et mélodie, auront le même rythme, ci-entend : la même composition ; quoi que variant en degrés, c’est-à-dire en hauteur de notes pour la mélodie, en valeurs pour la peinture. 

En ceci, on peut dire que la composition d’un tableau, la manière dont le peintre départage ombre et lumière, dont il place les personnages, les éléments, relève du rythme, ou encore de la composition musicale. 

Rythme qui pourra être interprété dans différentes gammes de valeurs plus ou moins obscures, de même qu’une mélodie peut être interprétée selon un rythme identique à des hauteurs de notes différentes ; comme nous l’avons vu, plus ou moins à droite ou à gauche du piano. 

L’assemblage des formes qui créent sur l’image l’illusion du mouvement, et donc du temps, est en somme au peintre ce que la mélodie est au musicien. 

Pour éviter l’abus de langage qui consiste à assimiler rythme et mélodie, on pourrait établir la table de correspondances suivante. 

Couleurs = Notes.

Formes = Rythme.

Valeurs = Octaves.

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