• Réflexion sur la peinture : des aplats de couleurs semblant sortir de nulle part dans une composition de style réaliste, notamment pour décrire des lumières, telle qu’une flamme, ou une auréole, apportent à l’ensemble un jeu-ne-sais quoi d’original et de graphique qui me plaît beaucoup. C’est le cas dans le Saint Laurent martyr de Pierre Lehoux, vu en octobre 22 à Orsay. Même procédé dans le Goddess of Thunderstorms de @sunriseart3 alias Maryk.

  • Le cri de la plume

    Je veux maîtriser la G-Pen. On prétend qu’elle est l’une des plus difficiles à prendre en main. Qu’il faut des années pour la dominer, et que certains mangaka en demeurent incapables. Elle est réputée polyvalente, capable de donner beaucoup de caractère au dessin. Voici ce que j’ai pu trouver à son propos.

    En préambule, un mot sur l’huile protectrice qui recouvre chacune de ces plumes, lorsqu’elles sont neuves. Conçue pour protéger le métal de la rouille, elle empêche l’encre d’y adhérer correctement. Pour retirer cette huile, certains artistes ont recours à un briquet. Ils passent la plume sous une flamme, dans le but de faire évaporer la lotion protectrice. Toutefois, les fabricants recommandent plutôt d’essuyer le métal à l’aide d’un chiffon humide. Il semble que cela suffise.

    D’ailleurs, voilà comment entretenir la G-Pen : de l’eau, là encore, et un simple chiffon, pour la débarrasser de l’encre qui la recouvre après chaque session de travail. Il est important de bien essuyer, afin d’éviter toute corrosion.

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  • On prête aux différents noirs des caractéristiques farfelues.

    Le peintre Anders Zorn utilisait principalement une palette faite de quatre pigments : le noir d’ivoire, le vermillon, l’ocre jaune et le blanc de titane. Zorn se passait donc de bleu. Il obtenait un ersatz de bleu en diluant son noir d’ivoire dans le blanc de titane. Ainsi, ce même noir mélangé à l’ocre jaune lui donnait un semblant de vert.

    À mon avis, les teintes obtenues de cette manière ne sont pas réellement bleues, ni réellement vertes. Ce sont des gris, à peine chromatiques, qui lorsqu’on leur juxtapose telle ou telle couleur, ou lorsqu’on les place dans tel ou tel contexte, évoquent à l’esprit du spectateur le bleu, ou le vert.

    Si la palette Zorn semble redoutablement efficace pour peindre le portrait ou la figure humaine en se gardant de couleurs trop vives, les principes que je viens d’exposer ont fait dire à certains auteurs que le Noir d’Ivoire tirait vers le bleu. Ils l’opposent en ceci au Noir de Mars, qui tirerait vers le rouge. L’un de ces pigments serait froid, l’autre serait chaud.

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  • La peinture est une musique

    Si une même mélodie peut-être diversement jouée selon la hauteur de notes choisie par le musicien ; selon, par exemple, que le pianiste jouera plus à droite ou plus à gauche de son clavier ; alors une image peut quant à elle être diversement figurée selon l’échelle de valeurs que se fixe le peintre. C’est-à-dire selon que la plus claire de ses valeurs sera plus ou moins blanche, selon que la plus foncée de ses valeurs sera plus ou moins noire.

    Toutes deux, image et mélodie, auront le même rythme, ci-entend : la même composition ; quoi que variant en degrés, c’est-à-dire en hauteur de notes pour la mélodie, en valeurs pour la peinture. 

    En ceci, on peut dire que la composition d’un tableau, la manière dont le peintre départage ombre et lumière, dont il place les personnages, les éléments, relève du rythme, ou encore de la composition musicale. 

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  • Du style, sinon rien

    Si vous me lisez régulièrement ou que vous me suivez sur les réseaux sociaux, vous savez que j’aime les fortes identités stylistiques. J’aime qu’on puisse reconnaître un écrivain à la façon dont il tourne ses phrases. C’est pourquoi je suis chagriné de voir que la notion de style est peu à peu abandonnée par nombre d’auteurs contemporains. J’ai l’impression que triomphe aujourd’hui une prose minimaliste dont l’objectif est de narrer le récit sans artifice. Je me souviens que Christine Angot déclarait sur je ne sais plus quel plateau de télévision que son « style » était comparable à un timbre poste : c’est-à-dire, le strict minimum pour que le message arrive à destination, pour que le texte soit compris. Eh bien moi, je crois que la littérature ne se résume pas à un service postal et je pense que l’objet de l’art n’est pas simplement de transmettre des informations. Suivent quelques arguments en faveur du style avec grand -S, que certains tiennent déjà pour un reliquat de l’ancien temps.

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  • Pourquoi j’aime Lovecraft

    La plupart des inconditionnels d’Howard Phillips Lovecraft l’admirent pour ses histoires d’épouvante, pour son univers fait d’anciens dieux et d’entités tentaculaires. Même si j’apprécie le ton pour le moins macabre des récits d’HPL, Cthulhu et Nyarlathotep me laissent froid, et pour tout dire, l’oeuvre du maître de Providence ne me fait pas vraiment peur. Si elle me met mal à l’aise dans un premier temps, je la trouve, dans un second temps, proprement réjouissante ; et voilà mon sujet du jour : le caractère réjouissant de la littérature d’Howard Phillips Lovecraft.

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